Al Jensen, ancien gardien de la LNHMC, parle de la position de gardien et offre des conseils aux jeunes gardiens et à leurs parents.
Par Adam Kimelman - Rédacteur NHL.com Toute personne qui enfile une paire de patins a rêvé de marquer le but gagnant du septième match d’une finale de la Coupe StanleyMC. Mais pour ceux qui se retrouvent gardiens de but, ce rêve ne se réalisera jamais. Pour un gardien, c’est tout à fait une question de trouver son propre plaisir, son amour pour le jeu et sa passion en étant celui qui empêche le but gagnant d’être marqué. Faire cette découverte n’est pas toujours facile et cela peut même être difficile quand un gardien fait ses premiers pas au jeu. « Quand je jouais, je ne voulais que gagner. C’était mon seul objectif. », a déclaré Al Jensen à NHL.com. Jensen a joué huit saisons dans la LNHMC avec les « Red Wings », les « Capitals » et les « Kings » et il a été corécipiendaire du trophée William Jennings en 1984. Il est présentement le principal dépisteur du Bureau central de dépistage de la LNHMC pour les gardiens de but ainsi qu’entraîneur pour l’équipe de ses enfants. « Vous ne marquerez pas le but gagnant, mais vous pouvez garder votre équipe en position de gagner le match », a raconté Jensen. « En affrontant une très bonne équipe, vous pouvez garder le pointage serré, permettant ainsi à votre équipe de marquer un but pour gagner le match. Votre équipe ne mérite peut-être pas de gagner, mais vous gagnez quand-même et cela procure un sentiment très positif aux gardiens. » Maintenir la confiance d’un jeune gardien et son plaisir au jeu est l’aspect le plus important du travail d’entraîneur des gardiens. Jeff Reese, entraîneur des gardiens des Philadelphia Flyers®, a confié à NHL.com qu’il croit qu’une partie de cette confiance provient du port d’un équipement adéquat. « L’équipement est très important, particulièrement pour les jeunes enfants de 6 à 10 ans », a indiqué Reese à NHL.com. « Souvent, leurs parents vont acheter de l’équipement neuf qui est trop grand et ils s’attendent à ce que les enfants l’utilisent jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment grands pour que l’équipement soit ajusté. Les enfants en sont frustrés et ils ne peuvent pas se déplacer facilement avec cet équipement. » Au lieu de dépenser pour de l’équipement neuf de gardien, qui est plutôt onéreux quand on parle de jambières, de bloqueurs, de gants, d’épaulières, de plastrons et de masques, Reese suggère de trouver de l’équipement usagé qui est plus ajusté au jeune gardien. Des jambières neuves peuvent être plutôt raides mais l’équipement usagé a déjà été si bien assoupli que cela facilitera les déplacements du jeune gardien. « La meilleure façon de procéder est d’acheter de l’équipement légèrement usagé qui est adéquatement ajusté », a affirmé Reese. « C’est beaucoup moins coûteux pour les parents et les enfants se déplacent mieux sur la patinoire. Cela ne s’applique pas seulement aux jambières, mais aussi à l’équipement protecteur du haut du corps, voire même les bâtons. Je crois que l’équipement est très important. Donc, pour les enfants, je suggère de l’équipement légèrement usagé. » Jensen croit qu’une des pièces d’équipement les plus importantes est une bonne paire de patins. Les patins sont la fondation de tout joueur de hockey et la théorie voulant que l’entraîneur mette son pire patineur devant le filet est devenue anachronique. « Un des pires malentendus qui remonte à bien longtemps est que les gardiens n’ont pas à être de bons patineurs », a raconté Reese. « Je ne suis pas d’accord. Un gardien doit être un bon patineur et bien se déplacer devant le filet, bien récupérer et posséder des qualités athlétiques. Vous pouvez placer quelqu’un devant le filet qui ne sait pas patiner croyant qu’il n’a pas à trop se déplacer, mais il faut réaliser que la plupart des bons gardiens dans la ligue se déplacent très bien. » Le temps d’entraînement pour un gardien est aussi important, car il fait des choses radicalement différentes des autres patineurs. Si l’équipe se concentre sur le travail des unités spéciales, toute l’action pourrait se dérouler à un bout de la patinoire, laissant l’autre gardien à l’écart et obligé d’observer. Chez les jeunes, c’est là un gaspillage de temps où les joueurs ne se développent pas. « Quand je regarde les jeunes gardiens à l’entraînement, ils passent beaucoup de temps à ne rien faire pendant les exercices », a raconté Reese. « Ce n’est pas de la faute des entraîneurs puisqu’ils ont 14, 15 ou 16 autres jeunes de qui il faut s’occuper sur la patinoire. Pendant ce temps, les jeunes gardiens devraient se déplacer devant leur filet. » Jensen croit qu’un gardien devrait absolument pratiquer les exercices de jeu de pieds. « Les gardiens doivent apprendre à se déplacer et à bien récupérer », a-t-il dit. « La récupération est essentielle. C’est une question d’équilibre, de tracer un beau C dans la glace, de bien pousser avec leurs jambes et de bien se remettre en position. C’est aussi d’éviter de jouer sans passion, il faut tout donner. C’est le genre d’exercices qu’il faut faire. Je travaille vraiment sur les aspects techniques avec les enfants. Je travaille sur leur jeu de pieds, leur récupération et leur position devant le filet. Ce sont les éléments les plus importants pour un jeune gardien. » Reese croit que le maniement du bâton chez les gardiens est aussi une technique qu’ils doivent développer. « Après l’âge de 10 ans, les gardiens doivent travailler sur le maniement du bâton », a raconté Reese. « Les entraîneurs peuvent faire cela dans les exercices de dégagement, impliquer les gardiens dans ces exercises. Quand les gardiens sont debout à ne rien faire, les entraîneurs peuvent tirer la rondelle du côté du gant, et les gardiens peuvent laisser tomber la rondelle et la remettre en jeu ou la prendre et commencer à la manier avec leur bâton. » Quand Reese était entraîneur des gardiens à Tampa Bay, il trouvait souvent Mike Smith en train de travailler sur le maniement du bâton. Il est considéré comme un des meilleurs de la ligue à ce chapitre. « Mike Smith prend la rondelle quand nous patinons et il commence à jouer avec, il la manie et la tire », a raconté Reese. « C’est un élément qui attire l’attention des dépisteurs. C’est une dimension qui a permis à (Rick) DiPietro d’être repêché au premier rang universel. Il n’était pas tellement grand, mais l’aspect qui l’a placé devant tout le monde était son habileté de manier la rondelle. C’est un autre domaine que les gardiens ont besoin de travailler parce que c’est très important. » Le travail hors de la patinoire est tout aussi important et Reese recommande la pratique du yoga. « Si j’avais à recommencer, je ferais du yoga », a-t-il dit. « Je regarde le yoga maintenant et j’en fais un peu. À mes yeux, le yoga, c’est la force, la flexibilité et la concentration, trois très bonnes caractéristiques à posséder comme gardien. C’est ce que je ferais si j’étais très sérieux à propos de devenir un gardien élite à l’âge de 12,13 ou 14 ans. Si j’avais su cela à propos du yoga, je l’aurais pris en compte. » Jensen dit que tout ce qui contribue à l’amélioration de la coordination œil-main est vital pour un jeune gardien. « J’ai beaucoup pratiqué le racquetball », a-t-il dit. « Cela m’a aidé avec la propulsion et la force des jambes. Tous les sports de raquettes, le tennis, le tennis de table, sont d’excellentes activités pour améliorer la coordination œil-main et la force des jambes. » Si l’aspect physique de la position est important, le développement du côté mental est aussi essentiel. « Une des choses qu’on peut dire aux jeunes gardiens est que tous leurs coéquipiers les surveillent », a affirmé Reese. « Vous devez être celui qui est sous contrôle et ils vont regarder ce que vous faites et comment vous agissez devant le filet. Si vous laissez passer un but et que vous permettez que cela vous trouble par la suite, l’équipe deviendra nerveuse. C’est important d’être un leader sur la patinoire et d’être très positif. Quand vous laissez passer un but, patinez vers votre banc et dites à vos coéquipiers que tout va bien aller. Soyez positif. C’est le genre de comportement qu’on remarque vraiment. » La chose qui est commune aux gardiens et à tous les joueurs sur la patinoire est toutefois de s’assurer que vous apprenez à avoir du plaisir au jeu. « Être gardien peut être amusant parce que vous faites partie de l’équipe », a raconté Jensen. « Je vois les coéquipiers frapper sur les jambières de ma fille tout le temps ou taper sur sa tête après le match. Ils sont tous heureux, peu importe le résultat. » |
