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La liberté d’explorer le sport rend le hockey amusant aux enfants

Certains entraîneurs sous-estiment les capacités mentales des joueurs de hockey à un jeune âge. Lisez cet article pour découvrir comment un ancien joueur de la LNHMC interpelle l’esprit et le corps de ses joueurs.

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par Arpon Basu
Correspondant NHL.com

MONTRÉAL – Stephan Lebeau possède une approche unique pour enseigner le hockey aux enfants. Il faut simplement les laisser jouer et explorer le sport.

Lebeau a joué sept saisons dans la LNH, remportant la Coupe Stanley avec les Canadiens de Montréal en 1993 et il a conclu sa carrière comme joueur pendant six saisons en Suisse.

Il a amassé 277 points en 377 matchs dans la LNH et là où il ne rivalisait pas sur le plan physique, il a fait preuve de ruse pour devenir un joueur efficace, notamment en 1992-1993 alors qu’il a amassé 80 points, un sommet en carrière, en 71 matchs dans l’uniforme des Canadiens de Montréal.

À son retour dans sa région natale de Sherbrooke dans les Cantons de l’Est, au Québec, Lebeau a dirigé l’équipe Junior AAA du Collège Champlain de Lennoxville, les Tigres de Victoriaville de la LHJMQ, les Cantonniers de Magog de la Ligue Midget AAA, puis au Collège Bishop’s de Lennoxville où il se trouve présentement.

Comme si cela ne suffisait pas, Lebeau a un garçon qui vient de compléter sa première saison dans les rangs pee-wee AA alors on peut dire sans se tromper qu’il possède un point de vue intéressant sur la façon d’enseigner le hockey aux jeunes joueurs du Québec.

Ce qu’il voit de ses collègues entraîneurs le dérange quelque peu puisqu’il croit qu’ils ne laissent pas les jeunes développer un amour du sport dans sa forme la plus pure.

« J’aimais jouer au hockey plus jeune parce qu’heureusement, les parents qui étaient mes entraîneurs à l’époque ne connaissaient pas tellement le sport », raconte Lebeau. « Cela m’a permis de simplement jouer, de commettre des erreurs. Les systèmes sont arrivés plus tard et en ce temps, j’étais en mesure d’appliquer la créativité et l’imagination que j’ai développées comme enfant à simplement pratiquer ce sport. »

Cette liberté, Lebeau la cite comme la clé qui l’a rendu capable d’atteindre la LNH et c’est à ses yeux ce qui manque chez les entraîneurs de hockey mineur aujourd’hui puisque l’accent est mis sur la compétitivité et le développement des aptitudes dans les entraînements à un très jeune âge.

À ses yeux, cet accent devrait être mis sur le fait de rendre ce processus d’apprentissage amusant et engageant pour les joueurs, contrairement aux exercices de style militaire que l’on voit souvent dans les entraînements dans les ligues de jeunes.

« Nous entendons toujours des gens dire que la chose la plus importante est que les enfants s’amusent, mais cela n’est pas toujours appliqué », dit-il. « Ce qui est amusant pour un joueur n’est pas nécessairement ce qui est amusant aux yeux d’un entraîneur. »

Dans ses entraînements, Lebeau met l’accent sur le développement du sens du hockey, en tentant de recréer des situations qui permettent le développement d’aptitudes applicables dans un match.

Un exemple qu’il offre est un exercice de passes où le joueur attend son tour en ligne, passe la rondelle à un entraîneur, accepte une passe de retour et tire au filet. Lebeau essaie d’ajouter sa couleur en forçant le joueur à prendre une décision pendant l’exercice, par exemple : le joueur ne doit pas passer la rondelle à l’entraîneur si ce dernier n’a pas apposé son bâton sur la glace.

Ce petit ajout à un exercice qui a fait ses preuves fait partie d’une philosophie globale qui force les joueurs à prendre des décisions sur la glace lors des entraînements afin de développer leur sens du jeu, quelque chose que plusieurs voient comme étant inné, mais qui peut toutefois être enseigné et façonné selon Lebeau.

C’est ce que l’ex-joueur de la LNH qualifie de philosophie d’entraînement axé sur la prise de décisions, qui en fin de compte rend les entraînements plus amusants pour les jeunes puisqu’ils ont l’occasion de relever un défi mental et non seulement physique.

« Je crois que de l’âge de 5 à 12 ans, les entraîneurs gaspillent le temps des jeunes puisque nous les sous-estimons », dit-il. « Je veux que le joueur devienne son propre entraîneur. Je veux qu’il soit capable d’évaluer son propre jeu. À la fin d’un entraînement, je vais habituellement demander à mes joueurs ce qu’ils croient avoir bien fait et ce qu’ils doivent améliorer. Ils sont souvent sous le choc puisque je mets leur cerveau au défi, mais cela les force à réfléchir quand ils jouent. »

Cet engagement mental par le joueur dans son propre développement augmente le désir de s’améliorer, croit Lebeau, tout en améliorant sa capacité à prendre des décisions qui seront utiles quand la vitesse du hockey font de l’instinct de l’athlète un point de distinction entre le joueur moyen et le joueur élite.

« Cela met l’accent sur le fait que nous jouons au hockey. La pratique du golf ne se limite pas à se rendre au champ de pratique pour frapper des balles. Il faut se rendre au champ de pratique avec des éléments particuliers sur lesquels travailler pour ensuite passer au terrain de jeu », affirme Lebeau. « C’est la même chose au hockey et cela permet aux enfants d’avoir du plaisir parce qu’ils veulent avoir la rondelle, ils veulent partir en échappé, ils veulent marquer un but. Ils veulent faire des choses qui rendent le hockey amusant. »

« On atteint ce point en permettant aux enfants de faire des erreurs à l’entraînement, en leur permettant d’explorer leur créativité et leurs habiletés de prise de décisions. Vous ne devriez pas leur dire quoi faire, mais seulement les laisser prendre des décisions et tenter d’orienter ces décisions. Je ne me vois pas comme un entraîneur dictateur qui dit à ses joueurs quoi faire, quand dormir et quand aller à la toilette. Je me vois plutôt comme un guide. »


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