Le défenseur et membre du Temple de la renommée du hockey Larry Robinson explique l’importance de faire circuler la rondelle en zone adverse pendant un match. Découvrez pourquoi cet exercice est excellent pour les jeunes joueurs.
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Soir après soir nous voyons ce jeu dans la LNH : l’équipe à l’attaque envoie la rondelle dans le coin pour utiliser la tactique offensive la plus fréquente du hockey d’aujourd’hui : le cycle. Il n’est donc pas surprenant alors que démarre la finale de la Coupe Stanley que nous voyions deux des joueurs qui maîtrisent cette technique en action. Il s’agit des frères Henrik et Daniel Sedin des Canucks de Vancouver. « Il faut habituellement une équipe très talentueuse pour bien faire circuler la rondelle », estime Larry Robinson, entraîneur adjoint des Devils du New Jersey et membre du Temple de la renommée du hockey en entrevue à NHL.com. « Les Sedin maîtrisent le cycle. Ils possèdent un bon gabarit et une bonne technique, et ils savent toujours se trouver sur la patinoire. » Quand Robinson grandissait sur une ferme laitière en banlieue d’Ottawa, il était un excellent joueur de basket-ball en plus de ses talents évidents sur patins. C’est pourquoi nous ne sommes pas surpris de l’entendre utiliser des images de basket-ball pour expliquer l’efficacité du cycle dans la stratégie offensive du hockey d’aujourd’hui. « Il faut tenter de garder possession de la rondelle, puisque c’est la clé dans la zone adverse, mais il faut aussi tenter de faire tourner les joueurs adverses », explique Robinson. « Vous pouvez presque créer une situation d’écran parce que la défensive se promène tellement. C’est comme un jeu arrêté au basket où vous tentez d’ouvrir le jeu pour effectuer un tir. » La carrière de joueur, puis d’entraîneur de Robinson dans la LNH s’étire sur près de 40 ans, ce qui lui a permis d’observer le développement du cycle de l’étape où on n’y pensait pas trop jusqu’au moment où le style pratiqué rendait cette technique inutile, au point aujourd’hui où les efforts de la LNH pour enrayer l’obstruction ont fait du cycle une technique à la fois utile et essentielle. « Vous pouvez faire circuler la rondelle aujourd’hui puisqu’on ne tolère plus l’accrochage et l’obstruction », raconte Robinson. « Avant, cela n’était pas possible parce que vous aviez deux joueurs pendus à vous et que vous pouviez aussi servir d’écran intentionnellement. Le besoin de faire circuler la rondelle n’existait pas autant. » Contrairement au tir et à la passe, la capacité de mettre en place un cycle efficace est une compétence de groupe plutôt qu’une technique individuelle. Si les joueurs qui allient gabarit et talent excellent à cette technique, comme l’a souligné Robinson dans le cas des jumeaux Sedin, les membres d’un trio offensif doivent s’acclimater aux tendances de leurs coéquipiers dans une variété de situations. Si un ailier a tendance à foncer au filet quand son défenseur fait trop circuler le disque, cela ne sera pas utile à moins que son joueur de centre qui est en possession de la rondelle sache comment le rejoindre avec une passe quand cela se produit. De la même façon, le jeu défensif contre le cycle est fondé sur la capacité d’anticiper un jeu avant qu’il se produise. En quelques mots, autant pour les joueurs à l’attaque qu’en défensive, le cycle est une question de lecture du jeu. « Vous devez être dans une position où vous pouvez réagir à l’autre joueur. Vous devez pouvoir lire le jeu », estime Robinson. « C’est une technique très instructive. » Robinson avoue que les Devils pratiquent le cycle à tous ses entraînements ou presque, développant ainsi leurs instincts des joueurs en situation de match. Il ajoute que pour maintenir de la fraîcheur, il fait cet exercice à deux contre deux, à trois contre trois, puis à cinq contre cinq à raison de 45 secondes ou une minute à la fois, soit la durée habituelle d’une présence sur la patinoire dans la LNH. En plus de préparer les joueurs pour des situations de match, Robinson affirme que le boni pour les joueurs est que cet exercice est amusant. Il ne voit pas pourquoi les choses devraient être différentes au hockey mineur. « C’est aussi bon pour les joueurs plus jeunes », raconte Robinson. « On ne peut pas se lasser de faire cet exercice puisqu’il contribue au développement de la technique, de la lecture du jeu et c’est excellent pour le conditionnement physique. » Robinson croit que les exercices de cycle devraient être faits dans une zone très restreinte de la patinoire, comme dans un coin par exemple et il faut vendre le concept de compétition aux joueurs pour cet exercice. Il est important que l’entraîneur aussi lise le jeu pour voir le niveau de fatigue de son équipe et où son groupe se situe collectivement puisque les exercices sont très épuisants et ils ne sont pas nécessaires s’il juge que les joueurs ont déployé beaucoup d’intensité. Tenant compte de l’importance du cycle au hockey, l’ajout de cet exercice dans la routine pour les jeunes joueurs ne semble pas être une mauvaise idée. |
