Dans cet article, l’ancien capitaine des Canadiens de Montréal et champion de la Coupe Stanley Ryan Walter parle de ses expériences comme joueur lors des camps d’entraînement de la LNH. Ryan écrit qu’il n’y a pas de raccourcis pour atteindre les rangs professionnels, même quand vous croyez que l’entraîneur a le dos tourné.
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Chaque camp d’entraînement donne l’impression d’une entrevue qui se répète année après année pour être retenu au sein de l’équipe. Certains joueurs deviennent confortables dans ces « essais », plusieurs deviennent nerveux avant chaque camp, alors que pour d’autres, les nerfs affectent tellement leur camp qu’ils n’ont pas d’autres occasions d’y retourner. Pas de doute par contre que tous les joueurs à tous les niveaux expérimentent ce sentiment de « première entrevue ». Les grands joueurs professionnels qui arrivent au camp développent des stratégies personnelles de jeu pour les aider à composer avec cette pression qui vient avec le fait de devoir se tailler un poste au sein de l’équipe. La première étape pour eux est de ne pas penser à ce qui pourrait mal tourner un jour donné, mais plutôt de se concentrer sur ce qu’ils désirent accomplir lors du camp d’entraînement. Au début des années 1950, Florence Chadwick est devenue la première femme à faire un aller-retour de la Manche à la nage. À sa première tentative elle a nagé pendant des heures et elle s’approchait des côtes anglaises. C’est alors que le courant marin est devenu beaucoup plus froid, que les vagues sont devenues plus hautes et qu’un épais brouillard s’est installé. Alors que Florence a ralenti la cadence et que son énergie s’épuisait, sa mère a commencé à l’encourager à travers la brume assise dans l’un des petits bateaux qui suivaient derrière, mais Florence était exténuée et elle ne pouvait plus continuer. Après s’être effondrée dans le bateau, Florence s’est sentie défaite et elle réalisa le cœur brisé combien elle était passée près du but, indiquant plus tard aux médias, « Je crois que j’y serais parvenu si j’avais pu voir mon objectif. » Lors d’une tentative ultérieure de traverser la Manche à la nage, Florence s’est forgée une image mentale très forte de la côte anglaise, mémorisant chaque caractéristique du littoral et elle a repassé ces images encore et encore dans sa tête. Cette fois, quand elle a fait face aux mêmes conditions décourageantes, sa vision lui a permis de connaître du succès. Quand vous possédez une vision claire (de votre destination et de ce que vous désirez accomplir), votre pensée reste concentrée sur tous les petits détails qui vous amènent vers le résultat désiré. La deuxième stratégie personnelle de jeu que les joueurs qui réussissent appliquent au camp d’entraînement est le mieux illustrée par l’histoire véritable que j’intitule « la motivation à un œil. » Quand je jouais pour les Canadiens de Montréal pendant les années 1980 et 1990, une de mes personnes préférées au monde était Claude Ruel, qui avait l’habitude de tenir une séance de patinage avant le camp au mois d’août. Nous patinions alors que Claude nous faisait faire toutes sortes d’exercices et à la fin de l’heure, Claude se tenait au centre de la patinoire face à un bout et il sifflait. Cela voulait dire que nous devions faire un tour de patinoire en poussant à fond, avant de ralentir. Bien sûr, il nous faisait répéter cela plusieurs fois comme moyen pour nous mettre en forme. Une chose que vous ne saviez possiblement pas à propos de Claude est qu’il ne pouvait voir que d’un œil, résultat d’un accident au hockey. Tous les joueurs le savaient et même les jeunes recrues et les espoirs l’ont vite appris. J’avais l’habitude de porter une attention spéciale à ces joueurs plus jeunes pour voir s’ils allaient tenter de profiter de la capacité de Claude de ne voir que la moitié de la patinoire. Pensez-y! Si un joueur voulait tricher, il n’avait qu’à patiner à fond sur le côté que Claude surveillait et se laisser patiner du côté qu’il ne pouvait pas voir. Pendant mon séjour chez les Canadiens, il y a quelques jeunes joueurs qui ont triché avec Claude. Savez-vous ce qu’il y a d’incroyable? Aucun d’eux ne s’est jamais taillé de place au sein de l’équipe. Le camp d’entraînement est une place où chaque membre de la direction surveille votre rendement, mais vous ne pouvez pas être motivé au jeu seulement parce qu’ils regardent. Vous devez être inspiré à jouer de votre mieux en raison de quelque chose de beaucoup plus profond à l’intérieur de vous. Les gens qui ne font leur travail que lorsque le patron est dans la salle, ne survivront pas longtemps. Les camps d’entraînement (et les entrevues pour un emploi) ont tendance à accroître notre niveau d’anxiété quand nous nous concentrons sur les mauvaises choses qui peuvent se produire ou sur les gens qui nous observent. La même anxiété est conquise quand notre désir de compétition passe devant notre motivation personnelle. En 15 camps d’entraînement dans la LNH, sans compter les nombreux camps juniors et de hockey mineur avant ceux-ci, j’ai continuellement observé des joueurs talentueux ne pas être retenus au sein d’équipes parce qu’ils n’ont pas développé cette motivation intérieure ou la solidité de caractère pour offrir leur meilleur rendement sur la patinoire. Bien sûr, la maîtrise de ces simples concepts est essentielle pour que les joueurs soient au sommet sur la patinoire lors du camp d’entraînement, cela est sans compter leur pertinence comme stratégies de vie aussi. Ryan Walter a joué et a été entraîneur pendant 17 saisons dans la LNH et il est maintenant président du Heat d’Abbotsford, club de la Ligue américaine affilié aux Flames de Calgary de la LNH. |
